Il est des moments comme ça, riches et innombrables , où la langue française, sylphide de ma synergie, coquine, intime, délivrée, s'affranchissant, d'un coup, du souci de ses missionnaires,
majordomes coqueriquant, des faiseurs, faquins et farauds, de l'esbrouffe de ses aras, se
rassemble, toute, radieuse, ambrée, gaillarde, allurée, délivrée, passant son aube ou l'abaya, venant à moi, renouvelée, nouvelle pour nos rendez-vous, nos ineffables apartés, nos matins, nos après-midis, nos nuits, puis, les sens rassis, l'esprit en abat-jour, aux approches roses de l'aube, les yeux s'embuant, elle se baisse, souveraine, vers moi ( avant de me quitter pour
rejoindre ses
dictionnaires, ses académies...), l'aiguière chryséléphantine aux mains pour me laver les pieds,
lentement, doucement, voluptueusement ( troublant brio de ses poignets, de ses pouces, de ses doigts longs et fins ), m'exprimant, là, sa gratitude de l'avoir si merveilleusement parcourue,
appréciée, retournée, de l'avoir, déférent Fellah et pâtre obviant, obligeant, si intensément
honorée de la plus belle eau de mon corps, d'avoir comblé, frissonnant de polysémie, ses accueillants poquets de mon arabité probante, de l'avoir conduite, émue, chavirée, somptueusement énamourée, puissamment abandonnée, considérablement confiante, par tant de labyrinthes, tant de passages, tant de ponts, tant de puits, tant de contrées, tant de terroirs...
jusqu'à prendre congé de la réalité, jusqu'au pic de perplexité suprême, jusqu'au saisissement de l'indicible, Schéhérazade mon amour.
Rillieux-la-Pape. Vendredi soir 19 décembre 2OO8, mise au net, samedi 2O décembre 2OO8
El' Mehdi CHAIBEDDERA
majordomes coqueriquant, des faiseurs, faquins et farauds, de l'esbrouffe de ses aras, se
rassemble, toute, radieuse, ambrée, gaillarde, allurée, délivrée, passant son aube ou l'abaya, venant à moi, renouvelée, nouvelle pour nos rendez-vous, nos ineffables apartés, nos matins, nos après-midis, nos nuits, puis, les sens rassis, l'esprit en abat-jour, aux approches roses de l'aube, les yeux s'embuant, elle se baisse, souveraine, vers moi ( avant de me quitter pour
dictionnaires, ses académies...), l'aiguière chryséléphantine aux mains pour me laver les pieds,
lentement, doucement, voluptueusement ( troublant brio de ses poignets, de ses pouces, de ses doigts longs et fins ), m'exprimant, là, sa gratitude de l'avoir si merveilleusement parcourue,
appréciée, retournée, de l'avoir, déférent Fellah et pâtre obviant, obligeant, si intensément
honorée de la plus belle eau de mon corps, d'avoir comblé, frissonnant de polysémie, ses accueillants poquets de mon arabité probante, de l'avoir conduite, émue, chavirée, somptueusement énamourée, puissamment abandonnée, considérablement confiante, par tant de labyrinthes, tant de passages, tant de ponts, tant de puits, tant de contrées, tant de terroirs...
jusqu'à prendre congé de la réalité, jusqu'au pic de perplexité suprême, jusqu'au saisissement de l'indicible, Schéhérazade mon amour.
Rillieux-la-Pape. Vendredi soir 19 décembre 2OO8, mise au net, samedi 2O décembre 2OO8
El' Mehdi CHAIBEDDERA
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