mardi 30 mars 2010

LA FRANCE ME SERT DE PANTOUFLE

LA FRANCE ME SERT DE PANTOUFLE

La France me sert de pantoufle quand je suis au coin de moi-même, en murmure de mandarin, à la louche des choses louches qui laissent d'infinis cailloux dans le velouté aux lentilles, malgré le luxe des nuances offert pour mettre en accalmie les panthères de la nuit blanche au piano de nos appétences.

La France me sert de pantoufle quand je suis au coin de moi-même, au feu doux des agaceries en chuchotis de cheminée, tournant la cuiller des hivers dans tous les sens de mon soleil, caressant d'une main distante le lévrier de ces ivresses, en lettres mortes de bécasses

EN SOUVENIR DE MES SEMONCES

EN SOUVENIR DE MES SEMONCES

Tu passes soupeser tes choses
En clair-obscur de tes instants
Quand l'imagination gémit
D'être à pourlèche de l'instinct
En exercice de nuance
Rasant le rasoir des sagesses
A ce qui tombe d'un poème
En pollen sentimentifère

Le souvenir de mes semonces
En ce monde de désamour

lundi 29 mars 2010

OU QU'IL FASSE NUITAMMENT JOUR

OU QU'IL FASSE NUITAMMENT JOUR

Où qu'il fasse nuitamment jour
Au long aller de nos regards
Tout ce qui est valable à voir
Ravive ma faim de ta vue

PETIT ELEPHANT NACARAT

PETIT ELEPHANT NACARAT

Petit éléphant nacarat
Ton coeur nous charge entre tes cils
Quand tu cascades à nos moues
Allumant l'embrouillamini
De ta netteté désinvolte
Aux indolences matinales
Tu mets la flamme à la paresse
Et aux brousses de l'habitude

Petit éléphant nacarat
Ton coeur charge dans nos nuages
A son embruissement au monde
Jusqu'à nous égayer d'éclairs
Aux meules de tes yeux solaires
Qui mettent les Oh! et la Ah!
A chaque opercule de grâce
Où bibelotent les abeilles

Rillieux-la-Pape. Samedi 27/O3/2OIO

jeudi 25 mars 2010

TON COEUR AINSI QU'UNE CRECELLE

TON COEUR AINSI QU'UNE CRECELLE

Ton coeur ainsi qu'une crécelle
Nous fait toujours tourner la tête
Et le tournoiement vient au monde
En véroniques de couleurs
De cheveux de robes de vagues
Jusqu'aux syrinx de nos oiseaux
Si loin partis en notre sieste
Par-delà la gangue des langues

QUAND LE MONDE SE DECOLORE

QUAND LE MONDE SE DECOLORE

Quand le monde se décolore
A tant de sites d'essorage
Et que les palettes titubent
Nous nous déprenons des frontières
Et quand le silence nous rince
Après la lessive des chants
Nous nous arraisonnons d'aurores
Aux frisottis de nos tendresses

A CHAQUE APPARITION DE TOI

A CHAQUE APPARITION DE TOI

A chaque apparition de toi
C'est ma parousie qui s'instaure
Un seul bond
Te voilà
En voyage partout en moi
En la ventaison de ma vie
Ma formidable arboricole
Ecureuil tout en feu-follet
Multipliant tant de lueurs
Aux coudraies de ce coeur de père
Mon infatigable éceurière

MAUDITE POUSSETTE

MAUDITE POUSSETTE

Maudite poussette
En ce paysage de neige
Avec mon chagrin en gros sel
Ma lumière partout lancée
Comme si on allait
La pousser hors du monde
En enchaînant les avalanches

Maudite poussette
Ma Hanouna ma Hanoukka
Et cet espoir désespéré
D'adoucir le choc du sacré
Belle âme en piste sur les joues
A lourdes larmes en chelem
Ma douce paix poussée partout
Ma Schéhérazade en partance

Rillieux-la-Pape. Samedi 19/12/O9 ( 14h 15...)

EN VERTIGE D'ETERNITE

EN VERTIGE D'ETERNITE

Le coeur pendant comme un loquet
Qui balance de droite à gauche
Papa en breloque aux brocantes
Vaque à sa collecte d'agapes
Parmi les grives musiciennes
Qui passent briser leurs coquilles
D'escargots sur ce coeur-enclume
Qui s'encoche à chaque seconde
En vestige d'éternité

JE DOIS M'EN ALLER C'EST AINSI

JE DOIS M'EN ALLER C'EST AINSI

Je dois m'en aller c'est ainsi

Le sablier de la visite
Laissant couler son dernier grain
Jusqu'au prochain décret de sable
Je dois m'en aller c'est ainsi
Sans jamais te tourner le dos
Même quand c'est si compliqué
De garder l'oeil sec et ouvert
En ce sur le champ diluvien

Je dois m'en aller c'est ainsi

AU MERVEILLEUX TROUBLE DE VIVRE

AU MERVEILLEUX TROUBLE DE VIVRE

Toujours en surpoids de pensée
Ce souci de séparation
M'émacie intrinsèquement
Je ne suis qu'une herbe qui swingue
Aux péroraisons des rosées
Surprenante limpidité
Qui paraît une abdication
Au merveilleux trouble de vivre

FOYERS OUVERTS

FOYERS OUVERTS

Mon coeur à traîne de chagrin
Fait des ronds de jambe à ton âme
Sous le balayage orangé
De cet autre coucher solaire
Charriant nos rêves et nos vagues
En enfilades de saphir
Quand nos veaux visages festoient
Foyers ouverts à l'entre-nous

NOTRE MIRACLE ENVERS NOUS-MEMES

NOTRE MIRACLE ENVERS NOUS-MEMES

Un peu plus tard Déjà ma fille
En ce monde paralysant
Marchons ensemble mon enfant
Ce miracle à notre portée
Nous entraider à remarcher
En réinventant notre en-route

Marchons ensemble ma chérie
En ce monde tétanisant
Comme si nous voguions partout
En des cieux à notre mesure
Notre miracle envers nous-mêmes
Marchons ensemble mon trésor

VENONS MARCHER MA FILLE

Petite touche de saké en épigraphe

Ma petite touche de saké à une phrase chinoise consisterait à dire: Le vrai miracle, pour nous, aujourd'hui, n'est pas de marcher sur les eaux, de s'adonner au tam-tam pédestre ou de voler dans les airs; il est, aussi paradoxalement que cela paraisse, de réapprendre à marcher. A marcher dignement sur notre bout terre ( sans avoir à nous rabougrir à Copenhague quand les fumées sont faites, ni en copyright à décorner à diable lorsque la messe est dite à la façon des cygnes )




VENONS MARCHER MA FILLE

" Papa je veux marcher "
Je m'incline vers toi muet
La tête en nida l'oeil brouillé
Pour rendre miracle à tes jambes
Et pour remarcher en moi-même
" Je veux marcher ma fille "

Allons marcher Merveille
Venons marcher ensemble
Pas sur les eaux ma fille
Mais simplement marcher sur terre
En bonne liberté ma fille
En ce miracle de marcher
Ce miracle à notre portée
Allons remarcher en nous-mêmes

PAPA JE VEUX MARCHER

PAPA JE VEUX MARCHER

Ce matin au marché
Toujours dans la poussette
Parmi les marchands de légumes
Et lourdes formes affairées
Le précieux jet-d'eau de ta voix
Emerge du rembourrage
Ma petite puce excitée
" Papa je veux marcher "

" Papa je veux marcher "
Gemmeur de ton chant d'aurore
Je m'incline vers toi muet
La tête en nida l'oeil brouillé
Pour te tirer et te sortir
De ces décombres de doudounes
Pour rendre miracle à tes jambes
Et pour marcher moi-même en moi

Rillieux-la-Pape. Dimanche 2O/12/O9 ( 16h )

MAUDITE POUSSETTE

MAUDITE POUSSETTE

La poussette encore
Maudite poussette
Ma Schéhérazade en gêne
En paysage de neige
Pressamment handicapée
Dans ce monde de maman
Toujours en chasse de choses
Accumuleuse de nues

Encore dans la poussette
Maudite poussette
Toujours à l'étroit
Ma Schéhérazade passe
Comète en sanglots
Rêveuse de liberté
Inhumée dans un manteau
Au paysage de jeux

Maudite poussette
La femme s'en va
Toujours absorbée
Poussant mon gros coeur pingouin
Privé de se dandiner
De se rouler dans la neige
Et de nous lancer gaiement
Quelques boules de sa joie

Maudite poussette
Avec mon coeur étouffé
Insupportable pain de sel
Du sel mon sel à gros sanglots
Et l'espoir désespéré
D'adoucir le dérapage
De l'âme en piste sur nos joues
A lourdes larmes en slalom
Salom Ave Salem